La bronchiolite du nourrisson

C’est une maladie respiratoire due à un virus, le virus respiratoire syncytial (VRS), qui touche les nourrissons de moins de deux ans. La maladie est épidémique, elle vide les garderies, et remplit les services de pédiatrie de mi-octobre à fin janvier.

 

Le virus se transmet facilement par la toux, la salive, le contact, les objets, la promiscuité… Le virus attaque les muqueuses respiratoires de haut en bas, du nez jusqu’aux petites bronches près des alvéoles pulmonaires, les bronchioles. L’inflammation qu’il provoque fait gonfler les muqueuses et produire des mucosités. Le calibre des bronchioles est rétréci et elles sont encombrées de glaires. Ces phénomènes sont responsables des symptômes :

  • Rhinite au début, le nez est bouché, il coule clair.
  • La toux s’installe, la respiration est bruyante avec des sifflements, crépitants et divers graillonnements.
  • La toux gêne le sommeil et l’alimentation, la tétée est compliquée, la sucette n’est pas gardée.
  • Il peut y avoir un peu de température.

Je vois en cabinet beaucoup d’enfants à ce stade-là, et c’est préférable. Dans certains cas, j’aurais préféré les voir plus tôt, car quelquefois l’enfant peut nécessiter une hospitalisation lorsque des symptômes de gravité apparaissent :

  • Signes de lutte respiratoire, tirage, battement des ailes du nez ou pincées…
  • Désaturation en oxygène, cyanose des lèvres (bleues).
  • Difficultés pour s’alimenter (il ne consomme plus que moins de la moitié des biberons de la journée et des boissons).
  • L’enfant ne dort plus normalement, ou dort en permanence, il pleure de façon inhabituelle, son état général est altéré.
  • Il a moins de six semaines ou moins de trois mois avec une grosse fièvre.
  • Il est fragile, grand prématuré, maladie cardiorespiratoire déjà diagnostiquée.

 

Le traitement

Il consiste à désobstruer les voies respiratoires du nez jusqu’aux bronchioles, c'est-à-dire :

  • Lavage de nez au sérum physiologique, aspiration et mouchage.
  • Kinésithérapie respiratoire par kiné aguerri, même si certains auteurs allèguent le manque de preuves d’efficacité de la technique (faut-il qu’ils soient sourds et aveugles ?). Je vous assure que le résultat est immédiat. Une séance quotidienne permet d’améliorer l’état de l’enfant rapidement, de le surveiller de façon pluridisciplinaire, de donner des conseils pratiques, d’éduquer les parents aux gestes de base et de repérer de suite une aggravation.
  • Fractionnement des repas et des boissons pour éviter de solliciter le réflexe de nausées et assurer une bonne hydratation.
  • Traiter la fièvre s’il y en a.
  • Antitussifs et fluidifiants sont contre-indiqués avant deux ans, et seraient contre-productifs.
  • Les antibiotiques ne sont que très rarement indiqués.

Dans certains cas préoccupants et sévères en ville ou à l’hôpital, d’autres catégories médicamenteuses sont utilisées. C’est le cas des corticoïdes inhalés en spray avec chambre d’inhalation ou en aérosolthérapie. La cortisone par voie orale peut aussi être prescrite à forte dose durant quelques jours. L’usage des bêta-2 mimétiques tels que le « salbutamol » est plus controversé. L’oxygène est obligatoire en cas de désaturation.

La plupart du temps, la bronchiolite guérit avec des petits moyens en cinq à dix jours, mais la toux peut persister jusqu’à un mois. En cas de récidive, plus de trois fois, on peut évoquer le diagnostic d’asthme du nourrisson, ce qui a l’énorme avantage de légitimer l’usage des traitements de fond à base de sprays corticoïdes et bêta-2 mimétiques. En traitant l’inflammation de la muqueuse bronchique, les défenses immunitaires locales remontent, et l’enfant devient moins fragile vis-à-vis des épidémies virales de l’hiver.

 

Comment prévenir la contamination par le virus ?

  • Si Maman ou Papa sont enrhumés en période épidémique, il faut éviter d’embrasser bébé, se couvrir la bouche ou mettre un masque en cas de toux et lors de tous les contacts avec lui. Se laver les mains plus de trente secondes avec eau et savon avant chaque change, tétée, repas, câlin…
  • Éviter les lieux publics confinés si c’est possible : magasins, bus, métro…
  • Aérer sa chambre quotidiennement.
  • Ne pas fumer près de lui.
  • Laver régulièrement les jouets, les doudous, et ne pas les partager, ni les biberons, sucettes et couverts.
  • Si l’enfant a une fragilité particulière, la crèche peut être contre-indiquée par périodes.

 

Autres conseils

De façon plus générale, ne pas oublier de couvrir la tête de l’enfant en hiver. En termes de surface corporelle, un nourrisson tête nue est équivalent à un adulte torse nu ! Penser à lui donner la vitamine D au quotidien jusqu’à dix-huit mois en gouttes et en ampoules buvables, au-delà, selon la prescription de votre médecin. En effet, cette vitamine a un effet stimulant immunitaire non négligeable qui peut aider à protéger votre enfant contre les virus. Dans le même esprit, certaines huiles essentielles compatibles avec bébé sont utilisables, très diluées dans une huile végétale, en friction sur le thorax ou en nébulisation dans la maison en période épidémique (mélaleuca alternifolia, eucalyptus radiata, ravensara aromatica…).

Afin d’apaiser les esprits, je tiens à préciser que, durant mon exercice professionnel, je n’ai jamais constaté de complications graves engageant le pronostic vital ou compromettant de façon durable la santé des enfants à cause d’une bronchiolite. Alors, il y a deux règles à respecter : consulter sans attendre et ne pas imaginer le pire !